Ouvrir un salon de coiffure au Québec : ce que la loi exige vraiment
11 octobre 2026 · 8 min de lecture
On répète qu'il faut un DEP pour ouvrir un salon de coiffure au Québec. C'est faux. Ce qui est vrai, en revanche, tient dans un règlement provincial que presque personne ne cite — et qui décrit à quoi doit ressembler votre local.
Le diplôme : pas une obligation légale
La coiffure n'est pas une profession réglementée au Québec. Québec.ca présente le certificat de qualification professionnelle comme facultatif : c'est une reconnaissance de compétences, pas une autorisation d'exercer.
Le DEP en coiffure (code 5245) reste la voie normale pour apprendre le métier, et il s'obtient aussi par reconnaissance des acquis si vous travaillez déjà depuis des années. Mais ni l'un ni l'autre n'est la condition légale d'ouvrir un salon.
Ne confondez pas avec l'Ontario, où le métier relève d'un ordre et où la certification est exigée. Cet article porte sur le Québec. Les règles changent d'une province à l'autre.
Ce qui est vraiment obligatoire : l'immatriculation
Avant tout le reste, vous choisissez une forme juridique — entreprise individuelle, société en nom collectif, ou personne morale — puis vous vérifiez la disponibilité du nom et vous l'enregistrez au Registraire des entreprises du Québec.
C'est cette immatriculation qui vous donne votre numéro d'entreprise, et c'est par elle que passent ensuite vos numéros de taxes.
Le règlement que presque personne ne cite
Il existe un Règlement sur les salons de coiffure (RLRQ, c. Q-2, r. 22). Il est ancien, il est peu connu, et il est précis.
D'abord, il pose qu'aucun salon ne peut être ouvert ou exploité sans autorisation du conseil municipal ou de son bureau d'hygiène.
Ensuite, pour les locaux ouverts après 1965 dans les municipalités de 5 000 habitants et plus, il impose des conditions d'aménagement :
- Le local doit être physiquement séparé des autres pièces du bâtiment
- Il doit être bien éclairé et ventilé
- Il doit disposer de toilettes séparées
Ces trois lignes expliquent pourquoi un salon installé dans une pièce ouverte sur le salon familial pose problème — et pourquoi votre municipalité peut refuser une installation qui vous semblait anodine.
Ce texte est ancien et son application varie. Vérifiez auprès de votre municipalité s'il lui sert encore de référence avant de vous y fier — ou de l'ignorer.
Le permis municipal, et pourquoi commencer par lui
Un permis d'exploitation de la ville est nécessaire, et c'est l'étape la plus lente du projet. Le zonage, l'aménagement et l'affichage y sont décidés — avant que vous ne signiez un bail.
Si vous travaillez de chez vous, ce n'est plus un permis d'exploitation mais un usage complémentaire à l'habitation, encadré différemment. Nous l'avons détaillé dans notre article sur le salon à domicile.
La CNESST, dès le premier employé
Dès que vous embauchez, vous entrez dans le champ de la CNESST : normes du travail, équité salariale, santé et sécurité. La coiffure manipule des produits chimiques quotidiennement, ce qui n'est pas un détail dans ce dossier.
Une location de chaise n'est pas automatiquement un contrat de travailleuse autonome : ce sont les critères de Revenu Québec et de la CNESST qui tranchent, pas le titre du contrat. Se tromper, c'est une cotisation rétroactive.
L'ordre dans lequel faire les choses
- Appelez l'urbanisme de votre municipalité avec l'adresse visée. Avant le bail, avant tout le reste.
- Choisissez votre forme juridique, puis immatriculez-vous au Registraire des entreprises.
- Demandez le permis d’exploitation et la liste exacte des exigences d’aménagement.
- Vérifiez vos obligations CNESST si vous comptez embaucher ou louer une chaise.
- Souscrivez une assurance responsabilité professionnelle — votre assurance habitation ou locataire ne couvre pas l’activité.
Nous ne sommes ni avocats ni comptables. Cet article rassemble des sources publiques pour vous dire quoi vérifier, et auprès de qui. Les réponses qui vous engagent viennent de votre municipalité, du Registraire et de la CNESST.
Sources
- Québec.ca — Certificat de qualification professionnelle, coiffeuse ou coiffeur
- Règlement sur les salons de coiffure (RLRQ, c. Q-2, r. 22) — texte intégral sur CanLII
- Guichet-Emplois — Conditions d’accès à la profession, propriétaire de salon de beauté au Québec
- Qualifications Québec — Coiffeurs, coiffeuses et barbiers
- Métiers Québec — DEP Coiffure (5245) et reconnaissance des acquis