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Frais d'annulation et dépôts : ce que la loi québécoise permet vraiment

11 octobre 2026 · 7 min de lecture

« Prends un dépôt, tu auras moins de no-shows. » Le conseil tourne partout. Au Québec, il se heurte à un article de loi — et la réponse dépend de ce que vous êtes juridiquement, pas de ce que votre cliente a accepté.

L'article 13, en une phrase

La Loi sur la protection du consommateur prévoit qu'un commerçant ne peut pas déterminer à l'avance une somme à payer si le consommateur ne respecte pas son engagement. Le contrat visé peut être écrit ou verbal — une réservation prise par téléphone ou en ligne en est un.

Et le consentement ne sauve rien. Interrogée par Radio-Canada, une avocate le résume ainsi : même si le consommateur signait une telle clause en toute connaissance de cause, sa renonciation n'a pas de valeur.

Commerçante ou artisane : tout se joue là

Votre statut
Commerçante — salon constitué en société, spa, clinique privée
Frais d’annulation fixés d’avance
Interdits par l'article 13. Une clause qui en prévoit est sans effet
Votre statut
Professionnelle ou artisane autonome
Frais d’annulation fixés d’avance
La Loi sur la protection du consommateur ne vous vise pas de la même façon. Des frais raisonnables sont possibles
Votre statut
Employée d’un salon
Frais d’annulation fixés d’avance
Vous suivez la politique de l'employeur — et la loi lui interdit de fixer de tels frais

L'Office de la protection du consommateur confirme que les professionnels ne sont pas considérés comme des commerçants au sens de cette loi. C'est pour cela qu'un médecin peut facturer un rendez-vous manqué là où un restaurant ne le peut pas.

Savoir dans quelle case vous tombez n'est pas toujours évident, et c'est précisément ce qui décide. Si vous avez un doute, posez la question à l'Office de la protection du consommateur avant d'écrire votre politique.

Même pour une artisane, trois conditions

Les guides professionnels qui encadrent cette pratique convergent sur trois points :

  • Le montant doit être raisonnable — un dédommagement, pas une punition
  • Un délai d’avis clair doit être prévu (24 h, 48 h)
  • La cliente doit être prévenue à l’avance, par une politique écrite

Une politique annoncée après coup, au moment de facturer, ne remplit aucune des trois.

Et si on vous doit vraiment de l'argent ?

L'interdiction porte sur le fait de fixer la somme d'avance, pas sur le droit d'être dédommagée. Un commerçant lésé peut réclamer réparation — mais devant les tribunaux, pas en prélevant lui-même sur une carte.

Autrement dit : prendre l'empreinte d'une carte et débiter automatiquement une absence est exactement ce que la loi vise. Pour un rendez-vous à 60 $, personne n'ira aux petites créances — ce qui explique pourquoi la vraie réponse au no-show n'est pas financière.

Ce qui marche et qui ne pose aucun problème

  1. Le rappel automatique. La majorité des absences sont des oublis, pas des désistements.
  2. La confirmation demandée la veille : une cliente qui ne confirme pas libère son créneau sans conflit.
  3. Le paiement à l'avance volontaire, choisi par la cliente — ce n'est pas une pénalité fixée d'avance.
  4. La liste d’attente : un créneau libéré se reprend au lieu d’être perdu.

Ceci est une information générale, pas un avis juridique. Les textes cités viennent de Légis Québec ; plusieurs commentaires de presse datent de quelques années et une demande de modification de la loi était en discussion pour la restauration. Pour votre cas précis, l'Office de la protection du consommateur répond gratuitement.

Sources